Selon Bank Al-Maghrib, la répartition des crédits à la consommation selon le revenu montre qu’une proportion de 55% des dossiers sont détenus par des personnes dont le revenu est inférieur à 4.000 DH.
La croissance de la dette bancaire des ménages a décéléré par rapport à 2008. C’est ce qui ressort du rapport annuel de Bank Al Maghrib sur le contrôle, l’activité et les résultats des établissements de crédit, publié mardi 29 juin 2010. En effet, l’encours des crédits bancaires aux ménages s’est établi à 197,8 milliards DH enregistrant une hausse de 12,4% contre 15% l’année précédente. Ces crédits continuent à être orientés principalement vers les besoins de financement du logement avec une part de 55% du total, souligne Bank Al-Maghrib dans son rapport. En outre, l’endettement bancaire des ménages a représenté plus de 33% des concours distribués par les établissements de crédit, sans changement par rapport à 2008. Selon le rapport, plus de 79% de cet endettement est contracté auprès des banques et le reste auprès des sociétés de crédit à la onsommation. Cependant, le niveau d’endettement bancaire des ménages, s’établissant à 27% du PIB, demeure relativement faible en comparaison avec les situations prévalant dans plusieurs pays. Ce rapport était en 2008, de 51% pour la France, 84% pour l’Espagne et 98% pour le Royaume-Uni, compare Bank Al-Maghrib. Selon la même source, le rythme de croissance du crédit à la consommation est demeuré soutenu. Constituant la deuxième composante de la dette bancaire des ménages après l’habitat, l’encours des crédits à la consommation, distribué par les banques et les sociétés de crédit à la consommation, a atteint près de 78 milliards, marquant une hausse de 13,4%, contre 16% une année auparavant. Et de poursuivre que «sa part dans le total des concours des établissements de crédit s’est affichée à 13%. Rapporté à la consommation des ménages, cet encours a représenté 19%, contre 17% en 2008». L’encours moyen de crédit à la consommation par habitant s’est accru de 12,8% par rapport à 2008 à 2.490 DH, contre 2.208 DH une année auparavant. D’un autre angle, la répartition du crédit à la consommation selon l’âge montre que le taux de pénétration du crédit à la consommation a enregistré une nouvelle baisse de 3 points à 32% pour les personnes dont l’âge est compris entre 40 et 49 ans. Cet abaissement a été au profit des personnes âgées de plus de 50 ans, qui ont vu leur part progresser de la même proportion à 39%. La part revenant à la classe d’âge inférieure à 30 ans s’est maintenue à 8%, pour la quatrième année consécutive, attestant que les Marocains recourent peu au crédit à la consommation avant la constitution du foyer. Pour sa part, la répartition des crédits selon le revenu montre qu’une proportion de 55% des dossiers sont détenus par des personnes dont le revenu est inférieur à 4.000 DH, contre 60% en 2008. Les personnes ayant un revenu supérieur à 9.000 DH ont vu leur part augmenter de 5 points à 20%. Selon le rapport, cette répartition fait ressortir que les personnes dont le revenu est inférieur à 4.000 DH ont concentré près de 43% de ces encours, soit une baisse d’un point par rapport à 2008, au profit des personnes dont le revenu est supérieur à 9.000 DH, qui ont vu leur part s’établir à 31%, contre 30%. À noter que le taux d’endettement, correspondant au rapport entre le montant moyen de prêt par dossier et le revenu annuel moyen du débiteur, est inversement proportionnel au revenu. Il s’est établi en moyenne à 28%, soit 5 points de plus par rapport à l’année précédente. «Ce taux s’est chiffré à 49%, en dégradation de 6 points, pour les clients disposant de revenus inférieurs à 3.000 DH et à 7% pour les personnes ayant des revenus supérieurs à 20.000 DH» souligne le rapport. Par ailleurs, et en dépit de la baisse de la production du crédit à l’habitat, la croissance de l’encours est demeurée soutenue. Le rythme de progression du crédit immobilier, habitat et promotion immobilière, s’est accru de 12,8% en 2009 contre 27,5% en 2008, totalisant ainsi un montant de 172,3 milliards DH. Rapporté au PIB, le crédit immobilier a représenté 23% en 2009, soit une hausse d’un point par rapport à 2008. Représentant les deux tiers de l’encours des crédits immobiliers, les crédits à l’habitat sont chiffrés à 109,5 milliards DH, soit une hausse de 12,2%, au lieu de 14,8%, dégageant ainsi un ratio de 15% du PIB, rapporte Bank Al-Maghrib. La part des crédits à l’habitat,encouragés par l’Etat, est restée au même niveau que celui de l’année précédente, avec une moyenne de 21%. Leur encours s’est apprécié de 10% à près de 23 milliards DH, dont 8,9 milliards au titre de Fogaloge et Fogalef, 6,4 milliards au titre de l’Habitat à bon marché et 6,6 milliards au titre de Fogarim, indique le rapport. De même, la production des crédits à l’habitat a accusé une baisse de 20,2% à 26 milliards DH, contre une hausse de 15% en 2008. Les crédits soutenus par l’Etat ont représenté 13% de cette production, contre 15% en 2008. Ainsi, le nombre de ventes des biens immobiliers immatriculés s’est replié, en effet, de 15,3% en 2009 pour s’établir à 63.848 transactions, après une stagnation en 2008 et une expansion de 50% en 2007. «La rareté du foncier et la résistance des promoteurs immobiliers à réduire leurs marges ont rendu les prix d’acquisition de logements de plus en plus dissuasifs ces dernières années», explique-t-on. De ce fait, le nombre de nouveaux bénéficiaires de crédit à l’habitat a reculé de 23% à 70.120 clients, après une baisse de 7% en 2008. Ce retrait s’est établi à 33% pour les prêts encouragés par l’Etat, en relation avec le ralentissement des programmes de logements sociaux, et à 18% pour les prêts libres.
Le montant moyen des prêts a augmenté, d’une année à l’autre, de 316.000 à 365.000 DH. Il est demeuré stable à 169.000 DH pour les prêts encouragés par l’Etat et a augmenté de 54.000 DH, pour se chiffrer à 436.000 DH, pour les prêts libres. La distribution des crédits à l’habitat est relativement concentrée dans les régions de Casablanca et Rabat qui ont bénéficié de près de 56% du total de l’encours. Toutefois, cette part a tendance à baisser, en relation, notamment, avec la rareté des réserves foncières dans ces régions.
SOURCE : Aujourd’hui le Maroc
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- Le Crédit du Maroc vient d'obtenir l'aval du CDVM pour augmenter son capital par conversion optionnelle des dividendes de l'exercice 2010. Les 233 millions de DH, montant de l'opération, viendront donc renforcer les fonds propres de la filiale marocaine du Crédit Agricole (France). La banque cherche aussi à accroître sa capacité de distribution des crédits tout en respectant le ratio de solvabilité tel que défini par les directives de Bâle II. L'émission des nouvelles actions, au nombre 288.427 au prix de 810 DH l'unité, est réservée uniquement aux actionnaires actuelles de la banque. Par conséquent, à l'issue de l'opération, la structure du capital restera la même (77% aux mains du Crédit agricole, 10% pour Wafa assurance et 13,17% pour les autres actionnaires). Le prix d'émission des actions attribuées en paiement du dividende de l'exercice 2010, soit 810 DH l'unité, a été calculé sur la base de la moyenne des cours cotés lors des 20 séances de bourse ayant précédé la tenue de la réunion du directoire du 14 février 2011, diminué d'une décote de 10% et arrondi au multiple de 27 le plus proche. La période d'exercice de l'option de conversion des dividendes en actions nouvelles sera ouverte, auprès du Crédit du Maroc, organisme centralisateur, du 25 juillet au 19 août 2011. A l'expiration de ce délai, et en l'absence de l'exercice de l'option, le dividende ne pourra plus être payé qu'en numéraire. A l'issue de l'augmentation de capital, les fonds propres devraient atteindre 3,82 milliards de DH. Pour rappel, il y a quatre mois, le Crédit du Maroc avait déjà procédé à l'émission d'un emprunt obligataire subordonné pour un montant global plafonné à 500 millions de DH. L'émission a été souscrite plus de 7,5 fois et le taux de satisfaction s'élevait à 13,3%. Dans un contexte économique peu propice, le Crédit du Maroc avait clôturé l'exercice 2010 sur une note positive, grâce à sa politique commerciale ciblée. En consolidé, son Produit net bancaire (PNB) a progressé de 11,2% pour atteindre 2 milliards de DH. Sous l'effet d'une hausse de la charge du risque (+100%) à 481 millions de DH, le Résultat net part du groupe a accusé un repli de 14% à 363 millions de DH. Sur la période 2011-2013, la banque, dirigée par Pierre-Louis Boissière, promet de maintenir le rythme de création de nouvelles agences à raison de 30 ouvertures chaque année pour un budget qui s'élève à 420 millions de DH. Le Crédit du Maroc compte également amplifier l'effort d'ouvertures de comptes auprès des particuliers et des entreprises. Les prévisions tablent sur une progression des dépôts de l'ordre de 11,8% à l'horizon 2011. De leur côté, les crédits devraient enregistrer une progression de 12,8% durant la même période. La croissance annuelle moyenne du PNB serait de 11,2% au cours des trois prochains exercices. La poursuite de l'optimisation des charges d'exploitation devrait permettre d'améliorer le résultat brut d'exploitation dont le taux de croissance annuel moyen sur la période projetée est de 8,71%. Le coût du risque présente une progression moyenne de 1,9% en lien avec l'augmentation des créances clientèles. Enfin, le résultat net du Crédit du Maroc devrait en moyenne croître de 19,6% d'ici à 2013. Le groupe CDM améliore sa solvabilité A fin 2010, le ratio de solvabilité du groupe CDM marque une croissance de 5 points pour s'établir à 11,57%. Cette augmentation est due à la hausse enregistrée au niveau des fonds propres consolidés de 8,8% pour un solde de 3 980 MDH en raison de l'opération d'augmentation de capital par conversion optionnelle du dividende 2009 en actions nouvelles du Crédit du Maroc. Les risques pondérés ressortent en légère croissance de 3,74% en comparaison avec 2009 témoignant des évolutions respectives sur les crédits immobiliers et à la consommation et du resserrement des conditions d'octroi des crédits à l'équipement et des crédits spot.

