Deux rapports, une grosse polémique

Alors que s’approche l’examen par l’, de la question relative au dossier du , notamment sur les aspects liés aux droits humains, plusieurs «fuites» qui s’apparentent fort à une tentative de déstabilisation, sont venues jeter de l’huile sur le feu que constitue cette complexe situation et surtout faire l’effet d’une douche froide sur les relations diplomatiques entre le Maroc et les États-Unis. C’est tout d’abord la publication électronique, par un journaliste américain, d’un document interne annoncé comme le rapport du secrétariat général de l’ sur «la question des droits humains au » et qui contient des conclusions jugées accablantes pour le Maroc. Cette information a aussitôt été démentie par le cabinet de Ban Ki moon, qui a rectifié le tir, en déclarant qu’il s’agit d’un simple document de travail qui n’a encore «aucun statut juridique» au sein de l’institution. Le deuxième acte est relatif au rapport 2010 du Congrès américain sur les pratiques des droits de l’homme dans plusieurs pays du monde. Le rapport publié le 7 avril dernier, comprend des chapitres relatifs à la situation au Maroc où également des accusations ont été portées à l’encontre du royaume par rapport à ce sujet. Le document a été particulièrement critique vis-à-vis du Maroc et est revenu sur l’affaire du camp de . Un paradoxe qui vient en contradiction avec plusieurs déclarations des responsables américains, en tête desquels, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton qui a, assez souvent salué les efforts menés par le Maroc dans le cadre de la promotion des droits humains. C’est pourquoi d’ailleurs, dans une tentative d’apaiser la tension qui risquerait de surgir, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Samuel Kaplan, a réagi à la publication de ce rapport.

Ce dernier, est en effet un document annuel que fournit le département d’État au Congrès et sur la base duquel sont décidées les aides budgétaires ou leur restriction en faveur des pays tiers. Le diplomate américain a tenu à réaffirmer «l’exploit» réalisé par les autorités marocaines pour la mise en œuvre des réformes de grande envergure qui ont amélioré le climat des droits de l’homme au Maroc. C’est pourquoi Samuel Kaplan a reconnu que «malgré certains revers décrits dans le rapport de cette année, nous pensons que le Maroc est en mesure de progresser efficacement dans la réalisation des reformes sociales, politiques, économiques, et surtout des droits de l’homme». En ce sens, le diplomate américain est revenu sur les réformes en cours au Maroc, qui sont de nature à élargir et renforcer la démocratie, soulignant les récentes et importantes avancées, telles que la création du Conseil national des droits de l’homme () et de son mandat élargi pour enquêter sur les violations de ces droits.

Nouveaux défis
C’est donc sur ce conseil que réside la lourde responsabilité de relever les défis de la question des droits humains au Maroc, puisqu’à la lumière de ces évènements, force est de constater que beaucoup reste à faire, même si, à ce niveau, il est tout aussi question de l’efficacité de notre diplomatie. Ce qui est sûr, c’est que le , semble avoir pris sa tâche au sérieux. Son secrétaire général fraîchement nommé, a décrit la semaine dernière la nouvelle entité comme une étape très avancée dans le processus institutionnel au Maroc. Mohammed Sebbar a indiqué que «le dahir instaurant le coïncide avec le mouvement que connaît la société marocaine», avant d’ajouter que «le royaume a toujours fait exception dans la région pour plusieurs raisons». Il s’agit notamment du lancement depuis les années 1990, des réformes basées sur la promotion et le respect des droits de l’homme, la libération des détenus politiques et la révision de l’arsenal juridique relatif aux droits et aux libertés publiques. Selon Sebbar, la nécessité de l’élargissement de la composition du et de ses compétences, ainsi que son indépendance, répondraient à des critères et standards internationaux, et notamment les principes de Paris. Le Conseil national est déjà à pied d’œuvre, puisqu’il enquête actuellement sur les récents évènements de Khouribga. Une première épreuve, qui permettra de jauger de l’efficacité de cette institution, héritière de l’ex CCDH, et qui compte déjà plusieurs détracteurs, à l’image de l’Association marocaine des droits humains (), qui a porté plusieurs griefs mettant en doute l’objectivité et la transparence des futurs rapports du . Un procès avant acte…




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