Qu’est-ce qui fait courir Moncef Belkhayat? A l’heure où la plupart des régimes de la région Mena font face aux contestations de leurs populations, en l’occurrence les jeunes, le ministre de la Jeunesse et des Sports enchaîne les initiatives à l’endroit de la jeunesse marocaine. Sa dernière trouvaille en date, le projet de loi sur la jeunesse et l’enfance, dont L’Economiste détient copie.
«Chababna», c’est son nom. Il concerne les moins de 18 ans et les jeunes âgés de 18-35 ans.
Décliné sur cinq axes (voir interview avec le directeur de la Jeunesse, Younes El Jaouhari), ce projet devrait permettre une meilleure orientation et coordination de l’action de l’ensemble des intervenants dans le domaine de la jeunesse, notamment les associations. Il a été soumis à approbation aux différents acteurs intervenant dans la politique de la jeunesse.
Pas moins de 45 journées d’études et de concertations auront été nécessaires, aussi bien au niveau central que régional, pour l’ébauche de cette version quasi définitive.
Cette première mouture a été confiée à un groupe d’étudiants en droit pour appréciation. Les associations de jeunes ont été également invitées à élaborer des recommandations. La mouture finale, actuellement confiée à un bureau d’études spécialisé, pour les derniers réglages, sera finalisée en début de semaine prochaine.
Cette course contre la montre engagée par le ministre de la Jeunesse et des Sports met en scène également tous ses collègues concernés par la question de la jeunesse, notamment l’Education et la Culture.
En gros, la démarche vise à réorganiser et encadrer les actions des jeunes, en mettant à disposition des moyens à même d’inciter cette frange de la population à s’engager dans le tissu associatif. C’est une des réponses à la promesse gouvernementale d’accorder plus d’attention aux questions culturelles, sociales, économiques et politiques portées par les jeunes.
Le projet de loi sur «Chababna» précise également que l’Etat et les institutions publiques et privées ont un rôle important dans le soutien et le développement des activités de la jeunesse… et l’enfance. Le texte appelle clairement les autorités gouvernementales, les conseils régionaux et provinciaux et les collectivités locales de fournir et de renforcer l’infrastructure pour la jeunesse.
Rendez-vous est pris à l’occasion des premières assises de la Jeunesse des 23 et 24 mai pour un projet de charte. Projet qui, selon le directeur de la Jeunesse, sera finalisé en 2012. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd car désormais cette jeunesse-là a les moyens efficaces de contrôle de toutes les promesses politiques.
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