Emploi: Faut-il brûler le diplôme?

Le a reculé en 10 ans de 13,4 à 9,1%! Ces chiffres du Haut-Commissariat au plan (HCP), longtemps considérés comme non représentatifs des réalités sociales, seraient en fait … incompris. C’est ce qu’a affirmé Ahmed Lahlimi Alami, haut-commissaire au plan lors d’une conférence de presse mercredi 11 mai à Casablanca. Selon lui, «les disparités géographiques et sociales de ce et la précarité des emplois expliquent cette faible perception de la réalité par l’opinion publique». Et pour cause, la baisse du ne bénéficie pas dans les mêmes proportions à tous les milieux de résidence et espaces régionaux ni à toutes les catégories de demandeurs d’.
Concentrés dans les secteurs de services, du BTP et de l’agriculture, les emplois créés durant la dernière décennie sont des emplois en premier lieu sous qualifiés et majoritairement précaires. «L’ global dans sa grande majorité est peu conforme aux normes de l’ décent», confie Lahlimi. A titre d’exemple, seuls 20% des employés disposeraient d’une sécurité sociale (32% en milieu urbain et 4,5% en milieu rural). Lahlimi ajoute que les «2/3 des postes d’ proposés aujourd’hui sont instables et près de 2 salariés sur 3 travaillent sans contrat». Résultat, seuls 20% de la population active occupée bénéficient de la couverture médicale.
En outre, près de 8% du volume global de l’ est occasionnel ou saisonnier: «76% des postes créés pendant les trois dernières années étaient de nature occasionnelle ou saisonnière». Dans ces conditions, «il est compréhensible qu’une grande partie de ceux qui occupent ces postes les vivent comme des formes de déguisé ou une solution d’attente dans l’espoir d’emplois plus stables, mieux rémunérés et répondant à leurs prétentions». Les statisticiens du HCP ont d’ailleurs pu établir que 16% des employés veulent changer de travail. 72% d’entre eux évoquent comme motif la quête d’un meilleur salaire, 10% parlent de sous- et 9% réclament plus de stabilité.
Valeur aujourd’hui, seul 1 occupé sur 3 est détenu par un diplômé. 23,7% ont un diplôme de niveau moyen et 10,8% un diplôme de niveau supérieur. Cette proportion passe de 12,4% dans l’agriculture à 32% dans le BTP et 44,2% en industrie pour atteindre 55,7% dans les services. Les jeunes sont d’ailleurs la catégorie la plus touchée par le phénomène. Dans la tranche d’âge 15-24 ans, le taux de grimpe à 17,6% au niveau national et 31,3% en milieu urbain. Ce taux est plus important chez les diplômés de niveau supérieur et moyen avec respectivement 18,1 et 16%. Encore plus surprenant, 22,3% des lauréats des facultés chôment. Quant à la formation professionnelle, censée être très porteuse pour le marché du travail, le taux de y atteint 19,7%.
Selon les statistiques du HCP, le au Maroc concernerait en premier lieu les citadins avec un taux de 13,7% contrairement au milieu rural où il ne dépasse pas 3,9%. «En campagne, c’est plutôt le sous- qui prédomine avec un taux de 13,2% en 2010 contre 10% en zones urbaines», rappelle Lahlimi. En ville, la gente féminine est la plus vulnérable au : 19,8% contre 12,1% pour les hommes. En milieu rural par contre, le phénomène contraire prévaut : le taux de est de 4,8% pour les hommes et de 2% pour les femmes. Là aussi, il faut se méfier des statistiques qui ne reflètent pas toujours le vécu des populations.




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