On dit souvent que le marché boursier marocain présente un faible risque systémique. Comme quoi il réagit faiblement aux évolutions des marchés internationaux. Cette lecture a été vérifiée depuis le déclenchement de la crise financière aux États-Unis en septembre 2008, puis en Europe et dans le reste du monde. Ceux qui la défendent pensent que cela est dû à la nature de l’activité des entreprises cotées à la Bourse de Casablanca, tournée essentiellement vers le marché domestique. Ajoutons à cela la forte présence des zinzins (investisseurs institutionnels) et qui jouent parfaitement leur rôle de «faiseurs de marché».
Depuis le début de l’année 2011, la thèse de l’immunité «boursière» devient désormais une thèse discutable. Pour preuve, le Masi, l’indice de toutes les valeurs cotées à Casablanca, dessine une tendance nettement baissière. À la clôture de la séance de vendredi dernier, il affiche une perte annuelle de l’ordre de 13% à 11.020 points, son plus bas niveau depuis mars 2010. Le même niveau de baisse a été enregistré du côté du Madex, le baromètre des valeurs les plus liquides. Difficile d’expliquer cette contreperformance par le seul comportement des fondamentaux des sociétés cotées. D’ailleurs, les états financiers publiés depuis le début de l’année, qu’ils soient à périodicité trimestrielle ou bien semestrielle (le cas récent de Wafassurance), font état d’une situation plus ou moins favorable mais en contradiction avec l’évolution des cours en Bourse. L’effet psychologiques des crises de dettes en Europe n’est pas à négliger. De même, celui qui découle de la situation géopolitique dans le monde arabe. L’impact s’est fait ressentir notamment au niveau des investissements de portefeuille. Constatant leurs pertes sur le marché du Moyen-Orient, des investisseurs étrangers auraient préféré retirer leurs portefeuilles investis au Maroc comme le prouvent d’ailleurs les derniers chiffres de l’investissement étranger à la Bourse de Casablanca. Depuis le premier janvier, la place de Casablanca a perdu 75 milliards de DH de sa capitalisation boursière, passant de 579 à 504 milliards de DH.
Au terme de la séance de vendredi dernier, le Masi s’est délesté d’un point et demi en une semaine, suite à l’échange d’un volume global de 714 millions de DH.
Les valeurs les plus actives restent les mêmes : Douja promotion Addoha (65 millions de DH), la BCP (37 millions de DH), Attijariwafa (26 millions de DH) et IAM (24 millions de DH). Durant la semaine du 1 au 5 août, c’est bien Fenie Brossette qui subit la plus forte contreperformance du marché, son action ayant perdu un peu plus de 10%, passant de 389 à 349 DH. Elle a été suivie par la bancaire BMCI (-9,54%), Addoha (-9,15%, Med Paper (-8,93%) et Sofac (-8,84%).
Depuis le début de l’année, mis à part le secteur du «pétrole et mines» et celui de «l’industrie pharmaceutique», la baisse a touché toutes les autres activités. Ces deux secteurs ont été épargnés grâce aux performances boursières de Samir (+2% à 598 DH), Touissit (+15% à 1.723 DH), Managem (+34% à 900 DH), Imiter (+60% à 2.888 DH), Sothema (+15% à 1.275 DH) et Promopharm (+2% à 789 DH).
La ventilation sectorielle du tableau de bord boursier fait ressortir une baisse de l’ordre de 32% de l’indice du secteur «emballage et impression», suite à la dégradation de la valeur du titre Med Paper. Le secteur immobilier a perdu aussi presque 22% de sa valeur indicielle sous l’effet du retrait des titres de Douja Promotion (-17%), Alliances (-13%) et la CGI (-33%). Le secteur des technologies de l’information n’est pas en reste.
Ses valeurs vedettes accusent également des baisses fortement significatives, pour ne citer que l’exemple de HPS, Involys, IB Maroc (les trois titres perdent 30%), M2M (-26%) et Disway (-25%).
Baisse généralisée des bancaires
Le constat saute aux yeux: toutes les bancaires cotées à la Bourse de Casablanca affichent un signe négatif à l’issue de 7 mois de cotation. La plus forte contreperformance a été enregistrée par BMCE Bank (-22% à 200 DH). Elle a été suivie par le CIH (-17% à 268 DH), la BMCI (-15% à 853 DH), le Crédit du Maroc (-12% à 791 DH). La BCP ferme la marcha en limitant les pertes de son titre à seulement 2%.
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