Discours du Trône : Après la Constitution, place à la feuille de route

SM le Roi a affirmé que la confiance et l’adhésion à l’action collective doivent prévaloir sur les tentations démobilisatrices, nihilistes démoralisantes et sur les pratiques mystificatrices éculées.

SM le Roi Mohammed VI a tracé une feuille de route pour la réussite du chantier des réformes politiques et constitutionnelles. Dans son adressé à la Nation, samedi 30 juillet, à l’occasion du 12ème anniversaire de la , le Souverain a mis l’accent, en termes fort clairs, sur des mesures pratiques à entreprendre pour assurer la mise en œuvre optimale des dispositions avant-gardistes de la nouvelle approuvée par les citoyens le 1er juillet. L’objectif étant d’édifier «un Maroc nouveau, uni, démocratique et avancé, garantissant à tous ses enfants une citoyenneté pleine et entière, préservant leur dignité et sauvegardant l’unité et la souveraineté de la patrie». Dans ce sens, SM le Roi a affirmé que le parachèvement de la construction de l’édifice institutionnel et du dispositif dédié au développement que prévoit la nouvelle demeure tributaire de l’action résolue pour la mise à niveau profonde et effective du paysage politique. Le Souverain a mis en relief le rôle des formations politiques dans ce cadre. «Les partis politiques, majorité et opposition confondues, dont la nouvelle est venue conforter le statut comme acteurs centraux dans le processus démocratique, sont appelés à redoubler d’efforts pour favoriser la réconciliation des citoyens, surtout les jeunes, avec l’action politique dans sa noble acception patriotique», a noté SM le Roi. Celle-ci devrait se déployer aussi bien au sein des partis ou encore au sein des instances et des mécanismes de démocratie locale, participative et citoyenne. «Le nouveau dispositif constitutionnel requiert des acteurs politiques de rivaliser d’ardeur pour mettre au point des projets sociétaux distinctifs et les traduire en programmes de développement créatifs et réalistes et aussi pour choisir des élites qualifiées, aptes à assurer une bonne gestion de la chose publique, aux niveaux national, régional et local», a ajouté le Souverain.En plus des partis, SM le Roi a, également, mis l’accent sur la responsabilité du corps électoral en matière de choix de ses représentants. «La consécration constitutionnelle du principe liant le pouvoir de décision politique au verdict des urnes, assigne aux citoyennes et citoyens la lourde tâche d’opérer un choix judicieux de leurs représentants, mettant l’accent sur la nécessité pour chacun de prendre conscience que ce sont les partis, avec les choix voulus par le peuple et par les institutions issues de sa volonté, qui assumeront le pouvoir au nom de ce peuple et prendront, selon les choix qu’il aura faits, les décisions concernant la gestion des affaires publiques, tout au long de leur mandat», a fait observer le Souverain, ajoutant qu’il faudra parallèlement veiller à rendre effective la consécration constitutionnelle du rôle assigné à la société civile et aux médias dans la construction politique et dans les domaines des droits de l’Homme et du développement. Le message de SM le Roi est clair. La Loi fondamentale ne constitue pas une fin en soi mais plutôt un moyen pour consolider la pratique démocratique et renforcer le rôle des institutions. D’ailleurs, SM le Roi a souligné, dans son , la nécessité de veiller à la mise en place des institutions constitutionnelles dans les plus brefs délais et de garantir leur bon fonctionnement. Il a expliqué que cette mise en œuvre doit se faire sur la base de trois fondamentaux. Il s’agit, selon le Souverain, de «l’attachement à la suprématie de l’esprit et de la lettre de la , la nécessité de créer un climat politique sain, digne du Maroc nouveau et la nécessité d’œuvrer, dans un esprit consensuel positif, à l’opérationnalisation des institutions constitutionnelles, en veillant à l’adoption des textes juridiques nécessaires et à la mise en œuvre des réformes politiques requises».Le Souverain a appelé, par ailleurs, l’ensemble des acteurs concernés à adopter un échéancier rigoureux qui leur permette, à eux et à tous les citoyens, de disposer d’une vision claire du processus de mise en place des institutions constitutionnelles, à court et moyen termes. Le Souverain a souligné, qu’à court terme, «la priorité devrait être donnée à l’adoption des nouvelles lois relatives aux institutions législatives, exécutives et judiciaires». «Il importe de commencer par l’élection de la nouvelle Chambre des représentants, pour que Nous procédions, sur la base des résultats du scrutin y afférent et conformément aux dispositions de la , à la nomination du chef de gouvernement, au sein du parti qui sera arrivé en tête de ces élections, et aussi pour pouvoir former, par la grâce de Dieu, un nouveau gouvernement issu d’une majorité parlementaire solidaire et homogène», a dit SM le Roi. Quant à la Chambre des conseillers, a indiqué le Souverain, «sa mise en place est subordonnée à l’adoption des lois organiques et autres textes législatifs relatifs à la régionalisation avancée, aux différentes collectivités territoriales et à la deuxième Chambre». «Elle est également tributaire de l’organisation, selon un calendrier précis, des échéances électorales y afférentes, lesquelles seront bouclées par l’installation de la Chambre des conseillers, dans sa nouvelle composition, avant fin 2012», a expliqué SM le Roi.S’agissant du moyen terme, «la mise à niveau législative globale reste l’un des principaux chantiers qu’il appartient au gouvernement et au Parlement de mettre en marche avant la fin de la prochaine législature», a souligné le Souverain. A cet égard, SM le Roi a insisté sur la nécessité de mettre au point une feuille de route rigoureuse pour l’élaboration et l’adoption des différentes lois organiques et la mise en place des différentes institutions dédiées aux droits de l’Homme et celles vouées au développement, en soulignant que «la confiance et l’adhésion à l’action collective doivent prévaloir sur les tentations démobilisatrices, démoralisantes et nihilistes et sur les pratiques mystificatrices éculées».Evoquant les relations maroco-algériennes, SM le Roi a, encore une fois, tendu la main au voisin de l’Est pour la normalisation des relations et le dépassement des différends entre les deux pays frères. L’objectif ultime étant la construction d’un Maghreb uni et fort favorable au développement de la région. Dans ce sens, le Souverain a souligné que le Maroc tient à l’amorce d’une nouvelle dynamique ouverte sur le règlement de tous les problèmes en suspens, avec son voisin de l’Est. «Fidèle aux liens séculaires de fraternité qui unissent nos deux peuples et soucieux de répondre aux aspirations des générations montantes, Nous tenons à l’amorce d’une nouvelle dynamique ouverte sur le règlement de tous les problèmes en suspens, en prélude à une normalisation totale des relations bilatérales entre nos deux pays frères, y compris la réouverture des frontières terrestres», a affirmé le Souverain. Cette démarche, a précisé SM le Roi, «exclut tout immobilisme ou ostracisme incompatible avec les liens de bon voisinage, l’impératif d’intégration maghrébine et avec les attentes de la communauté internationale et de notre espace régional». Le Souverain a rappelé que le Royaume demeurera attaché à la construction de l’Union maghrébine «en tant que choix stratégique et projet intégrateur incontournable et œuvrera avec toute la détermination et la persévérance requises pour venir à bout des obstacles qui entravent, hélas, la mise en œuvre de ce projet dans le cadre d’un processus sain et cohérent». Le Maroc, a ajouté SM le Roi, ne ménagera aucun effort pour développer ses relations bilatérales avec les pays de la région, prenant acte de «l’évolution positive que connaissent les rencontres ministérielles et sectorielles en cours, convenues avec l’Algérie». Pour ce qui est de la question du Sahara, SM le Roi a souligné que le Maroc continuera à défendre la souveraineté et l’intégrité de son territoire qui ne souffrent aucun marchandage. Le Souverain a réaffirmé que cette question restera la priorité des priorités dans la politique intérieure et extérieure du Royaume. Le Souverain a souligné que «la nouvelle loi suprême du Royaume, qui consacre l’attachement aux référentiels et aux idéaux universels et affirme la prééminence des conventions et traités internationaux -dûment ratifiés par le Royaume- par rapport aux législations nationales, constitue un puissant levier pour la diplomatie nationale dans l’action qu’elle mène au service des intérêts supérieurs et des causes justes du Maroc». SM le Roi s’est dit persuadé que la remarquable évolution enregistrée sur le plan institutionnel et en matière de bonne gouvernance et de développement va constituer un puissant soutien à l’Initiative d’autonomie en tant que solution politique et définitive au conflit artificiel suscité autour du Sahara marocain, à travers «une négociation responsable, animée par un esprit de consensus et de réalisme, dans le cadre des Nations Unies et en collaboration avec son secrétaire général et l’envoyé spécial de celui-ci». Evoquant, par ailleurs, le conflit israélo-palestinien, SM le Roi Mohammed VI a appelé en sa qualité de Président du Comité Al Qods, le Quartet à prendre ses responsabilités en cette phase critique de ce conflit soulignant que l’avènement d’une paix juste, durable et globale au Moyen-Orient passe par l’instauration d’un Etat palestinien indépendant et viable, avec Al-Qods-Est pour capitale.




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