A quelques semaines de la fin de son mandat, que reste-t-il du gouvernement Abbas El Fassi? La première chose qui vient à l’esprit est l’absence de coordination de la Primature. Des ministres avouent même avoir été livrés à eux-mêmes, sans coach pour les stimuler. D’ailleurs, on avait assisté à des bagarres entre ministres sans que le Premier ministre n’ait utilisé son pouvoir d’arbitrage. Sur bien des points, Abbas El Fassi a affaibli l’institution du Premier ministre.
Mais tout n’est pas mitigé. Abbas El Fassi a institutionnalisé le dialogue social, avec deux sessions, l’une en septembre et l’autre en avril. Cette démarche a permis de réaliser des avancées dans plusieurs domaines comme l’augmentations du Smig, des allocations familiales qui ont été, d’ailleurs, étendues au domaine agricole. Reste que ce dossier a été également mal géré.
Les syndicats n’ont pas apprécié que la Primature annonce les résultats du dialogue social de manière unilatérale. Ils avaient boudé en acceptant ses fruits, tout en changeant de cap pour les rounds suivants: limiter le dialogue social aux seules augmentations salariales. Les réformes de la loi sur la grève, sur les syndicats comme ce qui a été fait pour les partis politiques, les centrales n’en veulent pas. Conséquence: le dialogue social s’est terminé en queue de poisson. Reste que le gouvernement a marqué des points dans plusieurs domaines, notamment l’équipement, l’habitat, la santé et l’artisanat. La poursuite de la réforme de la fiscalité a été bénéfique. Le ministre des Finances a réduit le taux de l’IR de 4 points sur deux ans (42 à 38%). Ce qui a impacté positivement le pouvoir d’achat. La réduction de l’IS a été jugée positive. La création de Casablanca Finance City devra, à terme, métamorphoser la place.
Dans la justice, les premiers pas sur la réforme commencent à être visibles même si le ministre n’est à son poste que depuis moins de deux ans. Mais il y a eu des ventres mous comme le tourisme et l’éducation. Annoncée à plusieurs reprises par le gouvernement, la réforme de la Caisse de compensation n’a finalement pas eu lieu. En dépit des recommandations des institutions internationales, le système de subventions, fixé à près de 3% du PIB, a été maintenu. On a cherché à mieux cibler la population nécessiteuse via des aides bien déterminées comme Tayssir en contrepartie de la scolarisation des enfants. Résultat: le budget est, à chaque fois, plombé par la compensation. La moralisation de la vie publique n’a pas été en reste. Abbas El Fassi a mis en œuvre la déclaration du patrimoine, initiée par son prédécesseur, mais sans en assurer le suivi.
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