Croissance, création d’emplois, réformes structurelles et sectorielles, atténuation des disparités sociales et régionales, problématique de la compensation… Ce sont en gros les principaux points sur lesquels insiste le Premier ministre Abbas El Fassi dans la lettre de cadrage portant sur le projet de budget 2012. Adressé aux ministres mardi 30 août, ce document trace les grandes lignes pour l’élaboration du projet de loi de Finances qui intervient dans un contexte particulier tant au niveau national qu’international. D’abord, il sera préparé par une équipe et appliqué par une autre. Ensuite, le contexte économique international est marqué par la crise de la dette, l’instabilité financière et la volatilité des prix des matières premières. Le prochain budget devrait permettre d’activer les réformes politiques et institutionnelles arrêtées et de maintenir le cap de la croissance économique. Pour 2012, le taux de croissance économique retenu est de 5% alors que l’inflation devrait être maintenue en dessous de 2%. Le Premier ministre insiste aussi sur la nécessité de réduire le déficit de la balance de paiement et de maintenir le déficit budgétaire sous la barre de 4% du PIB. Des objectifs dont la réalisation passe par la rationalisation des dépenses dont celles de fonctionnement de l’administration mais aussi par le maintien du rythme de l’investissement public (via le budget de l’Etat). Plus précisément, le maintien de la croissance passerait par l’accroissement de l’investissement, la promotion des exportations et le soutien de la demande interne par la préservation du pouvoir d’achat.
Jusque-là, la Caisse de compensation a permis de maintenir les prix en particulier celui des produits pétroliers, entre autres le gaz butane, premier poste de dépenses de compensation. Or le prix de cette politique n’est autre que la flambée des charges de la compensation à 44,9 milliards de DH pour 2011, soit 5,5% du PIB. Dans la lettre de cadrage, le Premier ministre insiste pour contenir les charges de soutien des produits de base dans une limite de 3% du PIB de manière à garantir une certaine marge pour le budget et aussi pour ne pas grever le rythme de l’investissement public. Pour cela, il recommande de développer les programmes qui visent les catégories vulnérables. Là, le Premier ministre ose enfin puisqu’il compte créer un fonds national pour le ciblage des catégories démunies. Son financement n’est pas encore décliné mais tout porte à croire qu’il s’effectuerait via l’impôt. En tout cas, ce fonds permettra de renforcer les programmes de l’INDH en touchant 701 communes rurales, 530 quartiers urbains et aussi en lançant un programme de mise à niveau territoriale au profit de 22 provinces enclavées.
La demande interne peut être également soutenue par les récentes augmentations de salaires et la promotion interne des fonctionnaires consenties lors du dialogue social et à laquelle 13,2 milliards de dirhams ont été alloués. Ce qui a porté la masse salariale à près de 90 milliards de dirhams, un niveau de moins en moins soutenable. En tout cas, pour l’année prochaine, le Premier ministre insiste sur la «création d’emplois dans la limite des besoins qui garantissent le bon fonctionnement de l’administration», après avoir ordonné l’intégration de milliers de diplômés chômeurs sous la pression de la rue.
Sur l’épineux dossier de l’emploi, le Premier ministre demande de trouver de nouvelles pistes pour dynamiser l’intégration des jeunes dans le monde du travail.
La lettre de cadrage parle aussi d’une nouvelle génération de contrat-programme qui devrait prendre en considération les spécificités régionales. Celles-ci seraient conclues dans les secteurs qui créeraient de l’emploi. C’est le cas par exemple de l’agroalimentaire, l’électronique, les activités de montage, les produits de la mer, l’industrie
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