El Himma : Royal retour

Cette nomination «est aussi une manière de dire que le Palais a ses propres grilles et normes d’évaluation. en sort comme étant une valeur sûre», dit le politologue Mohamed Darif.

D’aucuns disaient qu’il est très proche du . Fouad Ali l’est aujourd’hui plus que jamais. Ainsi en a décidé le Souverain qui a porté au poste de conseiller royal celui qui était, déjà en 1998 alors qu’il était encore prince héritier, chef de son cabinet. Nombre d’observateurs voient en cette décision la réhabilitation d’une personnalité décriée tant par la classe politique, le PJD et son Abdelilah en premier que par les militants du . « C’est aussi une manière de dire que le Palais a ses propres grilles et normes d’évaluation. en sort comme étant une valeur sûre », dit le politologue Mohamed Darif. « Cette désignation s’inscrit dans la continuité des récentes nominations d’ambassadeurs et de conseillers. J’y vois une volonté du Palais de se préparer sérieusement au PJD. Nous sommes dans une configuration où il y aura peut-être une bipolarité dans la gestion du pays. Et tout est de savoir dans ce cas quelle sera la marge d’autonomie de l’équipe », analyse pour Le Soir échos le politologue Youssef Belal. Pour lui, cette nomination formalise un statut privilégié dont disposait déjà , mais de manière informelle.

C’est que a plusieurs cordes à son arc. À son actif, une parfaite maîtrise de la réalité politique du pays ainsi que des dossiers les plus chauds : Sahara, terrorisme, relations avec l’Espagne ou l’Algérie, la presse, et les partis. Fin négociateur, il sait aussi se montrer efficace. L’État lui doit notamment la reconfiguration des services de sécurité et leur harmonisation du temps où il était secrétaire d’État, puis ministre délégué, à l’Intérieur.

La fin du PAM?

Fouad Ali souffre néanmoins d’une image écornée, notamment dans les rangs du Mouvement du qui, bien souvent, demandait son départ. Les actions qu’il a entreprises, ou promues, n’ont pas été toutes des réussites. La gestion des affaires du terrorisme, notamment les attentats de Casablanca s’est, entre autres, traduite par des arrestations peu regardantes sur le respect des droits de l’Homme. La création, et le fonctionnement, du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) dont il était l’architecte a, dans ce même ordre d’idées, été vivement critiquée. La personne d’, ses nombreuses qualités et sa proximité avec le , ont également attiré bien des opportunistes à rejoindre les rangs du parti. Au risque de mettre les principes et valeurs annoncés par celui-ci en contradiction avec son (réel) fonctionnement. « L’un des messages forts de cette nomination est justement la fin des relations d’ avec le PAM vu que, par définition, un conseiller du ne peut adhérer à aucune formation politique. Par là, le Palais met également fin à tout ce qui a pu être dit sur et son éventuel ‘’interventionnisme’’ dans la chose politique », commente Darif. Serait-ce pour autant la fin du PAM? « Pas du tout, on peut même parler d’une nouvelle naissance de ce parti, arrivé quatrième aux dernières élections, auxquelles il participe pour la première fois, il dispose aujourd’hui d’une légitimité électorale avec 47 sièges, devant l’USFP et le Mouvement populaire ». Le parti a également clarifié son jeu et s’est débarrassé des notables qui lui ont coûté sa réputation. Autant dire que les choses sérieuses ne font que commencer.◆

 : de la City au Palais
Tandis que FAH a été nommé conseiller de Sa Majesté, Yassir l’était déjà depuis 24 heures. La quarantaine à peine passée, l’ex-ministre du tourisme a sans doute profité du passage de son parti politique (RNI) à l’opposition, ce qui a certainement joué un rôle dans le choix du monarque. Avant de retourner au Maroc, dirigeait la filiale financière de la Société Générale à la City de Londres. Les années « Golden Boy » révolues, le le nomme au portefeuille du Tourisme. Suite à la défaite du RNI lors des élections et son passage dans l’opposition, se voit nommé conseiller au Palais royal.




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