Retrait des députés usfpéistes qui ne participent pas à l’élection du président de la Chambre basse : L’USFP pousse Ghellab à la démission

Depuis les travées parlementaires de l’opposition, l’Union socialiste des forces populaires crée l’événement de la rentrée politique en poussant  Karim à la démission du . Lundi 19 décembre, le scénario annoncé sans surprise de l’élection de la star montante de l’Istiqlal au poste de président de la Chambre des représentants n’a pas prévu la réaction des 39 s éistes ni la démission en direct de l’hémicycle de celui qui est ministre de l’Equipement et des Transports.
Présidée difficilement par le doyen des élus de la nation, Miloud Chaabi, la séance est loin d’avoir été  une simple formalité pour les troupes de la majorité qui  ont  pourtant écrit d’avance leur partition en adoubant leur candidat choisi dans les rangs de l’Istiqlal. Problème, le fringuant Karim – l’homme a  fêté ses 45 ans la semaine passée, ont fuité quelques journaux « inspirés »- est toujours ministre dans un expédiant certes les affaires courantes mais toujours en exercice. Dès l’annonce de la candidature de M. , annoncée étrangement par le président du groupe parlementaire istiqlalien à  la Chambre basse, les  Ittihadis sont prompts à réagir et soulèvent l’anti-constitutionnalité de la candidature au poste de président de la Chambre des représentants d’un ministre toujours en fonction. Les s éistes multiplient les  points d’ordre. Le débat sur le respect de la nouvelle Constitution est désormais ouvert. Les socialistes marocains viennent de marquer leur premier point lors de la première séance de la première année de cette  législature. « C’est le principe de la séparation des pouvoirs qui est bafoué. On ne peut pas être président de la Chambre des représentants et ministre. L’article 17 n’a rien à voir. Il est ici question de l’esprit même de la Constitution qui consacre la séparation des pouvoirs, notamment l’exécutif et le législatif. La majorité a fait montre de précipitation. Il ne peut y avoir de vote dans de telles conditions qui ne sont pas conformes à la Constitution. Karim doit d’abord démissionner du avant de faire acte de candidature à la présidence», fait valoir l’éiste Ahmed Zaïdi. « C’est une violation patente et dangereuse de la Constitution. Comment pourrions-nous laisser passer un tel dérapage alors que nous inaugurons une ère nouvelle basée sur le respect des institutions ? » renchérit Abdelhadi Khairate. Le député ittihadi est sorti de ses gongs. Il crie au viol de la constitution adoptée le 1er juillet dernier.
«C’est un viol de la Constitution»
Dans les rangs de la majorité, on improvise en tentant de trouver des arguments puisés dans les articles 14 et 17 du  règlement intérieur. Peine perdue. Hassan Tarik, la tête de liste nationale des jeunes de l’Union socialiste des forces populaires, n’est pas né de la dernière pluie constitutionnelle. En plus de ses talents politiques, il est aussi juriste. « Imaginons que M. soit élu ce lundi 19 décembre président de la chambre basse et que demain, mardi 20 décembre, il ait à répondre devant les Conseillers à une question orale en tant que ministre de l’Equipement et des Transports. Que faisons-nous ? Quelle image donnerions-nous d’un Maroc qui vient d’ouvrir une nouvelle page constitutionnelle  ? »
Le ton monte. La fièvre aussi. Les journalistes, venus nombreux, boivent du petit lait. Le semble avoir retrouvé les joutes oratoires d’antan, celles d’avant l’.
Karim demande la parole. « Je me porte candidat au poste de président de la Chambre des représentants en tant que député et non pas en tant que ministre. Je suis un élu de la Nation et il est de mon droit de faire acte de candidature. En plus je suis ministre dans un qui ne fait qu’expédier les affaires courantes », se justifie-t-il plutôt maladroitement. Le ministre, député et candidat à la présidence de la Chambre basse le sait et il ne veut surtout pas que son élection garde une odeur de soufre. Au-delà de l’incompatibilité d’un mandat électif avec un poste de responsabilité, l’argument de la séparation des pouvoirs est implacable. Alors, il joue son va-tout pour que cesse la polémique et annonce, en direct de la Coupole, sa « volonté de démissionner de son poste de ministre ». Très vite, il se rattrape et rappelle la procédure de démission telle que prévue par la Constitution : la démission doit être remise au chef de qui la transmet au chef de l’Etat. Un boulevard s’ouvre et les Ittihadis s’empressent de l’emprunter : ce n’est pas devant le que M. doit démissionner mais auprès de son chef de .
Et la première polémique entre Benkirane et l’ fut…
Assis sur les sièges réservés aux ministres, Driss Lachgar, le ministre en charge des Relations avec le et nouveau député de Rabat, choisit de se départir  de son droit de réserve pour rentrer dans l’arène de la diatribe politique. Cet avocat dans le civil balaie d’un revers de la main l’argumentaire du ministre istiqlalien.  « Je suis ministre dans un sortant mais rien ne m’empêche d’assumer la mission qui est la mienne. Chaque ministre est responsable jusqu’à la nomination de son successeur. Et rappelez-vous, conformément à la Constitution de 1996, un ministre n’avait pas le droit de faire acte de candidature à la présidence d’une ou à celle d’un groupe parlementaire », martèle celui qui est aussi membre du Bureau politique du parti de la Rose. Driss Lachgar n’en reste pas là. Dans sa ligne de mire, le chef de désigné, Abdelilah Benkirane, présent dans l’hémicycle. « Depuis sa désignation, le chef de nous a habitués à l’approche participative, une démarche qu’il a adoptée avec les partis de sa majorité. Il aurait pu adopter une telle démarche y compris avec l’opposition à l’occasion de l’élection du président de la Chambre des représentants», lâche le ministre en charge des Relations avec le , celui-là même qui n’aurait pas été consulté pour la tenue de la séance parlementaire de ce lundi 19 décembre.
Une déclaration qui provoque la première polémique entre le chef de islamiste et une dans l’opposition. Abdelilah Benkirane se lève, demande la parole et l’obtient. La salle retient son souffle. C’est bien la première fois qu’on entend un chef de réagir. « En 1998, quand l’ a remporté les élections et que le PJD était encore à l’opposition, je n’ai pas souvenir de vous avoir vu adopter vous non plus  une telle approche participative. Maintenant, Karim est-il député ou pas ? C’est aux spécialistes d’en décider », dira Abdelilah Benkirane comme pour mettre fin à la polémique et signifier que le débat doit se poursuivre devant le .
Il est 16h30. Le président de séance et doyen des s en profite pour lancer l’opération de vote. Les premiers s sont appelés. Les 39 s de l’ protestent, décident de leur retrait  et quittent l’hémicycle. « On ne participera pas à un vote en contradiction avec la Constitution », explique dans les coulisses Abdelouahed Radi, le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires. Dans la salle des pas perdus du , les éistes sont assaillis par les journalistes aux micros tendus. L’événement n’est plus à l’intérieur de l’hémicycle mais à l’extérieur. « Cela commence très mal. Nous assistons à un premier viol de l’esprit de la Constitution. Notre réaction présage de l’opposition que l’ entend mener », déclare le député de Bejaad, Habib El Malki.
Ce qui n’a pas empêché, bien sûr, Karim d’être le nouveau président de la Chambre des représentants grâce aux 222 voix de la majorité. Dès 20h30, les JT des télévisions publiques annonçaient la démission du ministre devenu président, le Roi ayant accepté la demande qui lui en avait été faite par . CQFD, commentent ceux et celles de l’Union socialiste des forces populaires.




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