Le programme gouvernemental devait être adopté hier soir par le conseil de gouvernement. La réunion tant attendue de l’Exécutif a eu lieu après des discussions approfondies entre les membres de la majorité gouvernementale autour de la mouture initiale qui comportait quelque 70 pages. En effet, il y avait des divergences sur certains points, notamment le ton de la déclaration gouvernementale. Selon une source proche du dossier, certains ministres étaient pour une déclaration versant dans l’optimisme alors que d’autres défendaient la nécessité de présenter un programme réaliste.
Et c’est cette dernière option qui semble avoir été adoptée.Contacté par le Matin, le ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, Mohamed Najib Boulif, estime que le gouvernement est appelé à présenter des indicateurs réalistes pour les cinq prochaines années. Il souligne que le programme sera axé sur les priorités et les grandes orientations, car il serait difficile de présenter des objectifs totalement chiffrés. Un programme d’accompagnement permettra d’avoir accès aux données approfondies.
En gros, la déclaration gouvernementale repose sur cinq axes. Le premier est relatif à l’identité. Selon le responsable gouvernemental, il s’agit d’une base philosophique reposant sur un nouveau projet sociétal. « L’identité repose sur plusieurs éléments : la participation, la solidarité, la cohésion, la culture… On ne peut pas donner des indicateurs numériques en marginalisant le volet structurel», relève-t-il.Le deuxième axe a trait à la bonne gouvernance dans la gestion ainsi que la mise en place des dispositions de la nouvelle Constitution. Le Parti de la justice et du développement mise sur ce volet jugé de la plus haute importance pour donner un coup de fouet à tous les secteurs.
Le troisième volet est relatif au développement économique. Le gouvernement aspire à booster l’investissement à travers plusieurs solutions, dont la fiscalité et la révision des relations entre l’administration et l’entreprise. S’agissant du taux de croissance, l’Exécutif a opté pour 5,5 %. Le PJD a dû ainsi revoir ses ambitions à la baisse en raison de la conjoncture économique et de la vision de ses alliés gouvernementaux. Le plus important, selon un membre du gouvernement, est de pouvoir arriver à une distribution équitable des richesses.
Le troisième axe est basé sur le social dont la question de l’emploi. N. Boulif avoue que le dossier est épineux en raison de l’héritage qui s’avère très lourd. Dans le cadre de la solidarité gouvernementale, le gouvernement actuel est dans l’obligation de respecter les engagements de son prédécesseur, notamment les dernières promesses de Abbas El Fassi. Le dialogue est la solution qui sera adoptée pour convaincre les jeunes diplômés que l’Etat, à lui seul, ne peut pas les absorber tous à la fois. L’idée est d’expliquer la réalité tout en exposant les moyens disponibles qui s’avèrent limités. Le gouvernement veillera à faciliter l’accès au marché du travail en soutenant l’investissement. «Le secteur privé est prêt à absorber une grande partie des diplômés chômeurs», rassure le gouvernement. La lutte contre le chômage n’est pas une tâche aisée. 8 % est le taux de chômage que s’est fixé l’Exécutif d’ici cinq ans.
En ce qui concerne le SMIG, les membres du gouvernement devaient trancher hier entre deux options : Adopter un SMIG de 3000 DH en 2016 ou l’augmenter progressivement de l’ordre de 3 à 4 % selon les moyens disponibles. La réforme de la retraite s’avère aussi parmi les priorités, car il s’agit d’une bombe à retardement qu’il faudra désamorcer cette année ou au plus tard en 2013. La position du Maroc à l’échelle internationale et son rayonnement représente le cinquième pilier du programme gouvernemental. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Saâddine Othmani, a déjà signalé que le gouvernement veillera à sauvegarder les orientations générales du pays ainsi que les partenariats classiques tout en définissant les priorités telles qu’elles sont décrites par la nouvelle Constitution. Les enjeux sont de taille. Le gouvernement est devant un grand défi, celui de passer de la phase des promesses à celle des actions concrètes. Les attentes sont énormes.
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